Critique
Passionnée depuis son premier album, Africaine, par les sons d'Afrique, Lucid ouvre ce nouvel album par un appel aux "Femmes africaines" et d'ailleurs... La suite n'est aussi qu'une suite d'appels : à la paix ("Laissons passer l'amour "signé avec Jean-Yves Lievaux), au voyage ("Fou de l'océan"), à l'amour-souffrance ("Séparée de toi", "J'écrirai ton nom", à nouveau signé avec Lievaux...) qu'elle connaît bien, son compagnon étant mort en 1985 dans un accident de la route.
Comme tous les artistes blessés par la vie, la chanteuse passe sans cesse du doute ("Où se trouve ma place ?") à l'espoir ("Croire"). Bien sûr, elle excelle dans les ballades ("Même si"), mais c'est dans les chansons plus musclées que l'interprète surprend le plus ("Née chez Mélusine" de Boris Bergman et Patrick Lemaître).
Bien que la réalisation ait été confiée à Jean-Paul Dréau (Bibie, Sheila...), celle-ci souffre d'un manque de vrais musiciens... En ce qui concerne Dréau, ce dernier a confié à Lucid un rôle dans la comédie musicale Jeanne la romantique qu'il a signé avec Saint-Preux (compositeur du dernier duo d'Hallyday). Une fois refermé le boîtier cristal du septième (?) album de cet auteur-compositeur-interprète si doué sur chacun des trois tableaux cités, après s'être souvenu des extraordinaires "Philosophie", "Où que tu ailles", "Les Solitaires"... on se demande vraiment pourquoi "Lettre à un rêveur" fut le premier et dernier tube de cette artiste complète qui mériterait une carrière à la Sanson. -- Platine