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C'est le genre d'album que, d'entrée, on a envie d'écouter de bout en bout, pour savoir ce qui peut bien se cacher dans la chanson suivante. Entendre ce que ce diable de Julien Ribot a encore pu inventer. Car le garçon invente, réinvente même, tout ce que M, Sinclair, Katerine, Dominique A ont pu largement faire surgir. Du funk psychédélique de "Femmes Lycanthropes" à la chanson mâtinée d'electronica ("Reine des métamorphoses"), ce deuxième album enfile les perles et les bonnes surprises. L'inventivité de Ribot ne veut pas connaître de frontières et pourtant voilà un disque qui dégage une atmosphère néofuturiste à la manière des chansons de Polnareff de la fin des sixties. Quand on entend "L'uf de Saragosse", avec cette mélodie peignée au violon, c'est un peu de l'album Polnareffs (1971) qui résonne en écho. Nous voici aux prises avec un authentique génie bienfaisant, qui travaille ses chansons autant comme des combinaisons chimiques que comme des poèmes lysergiques. Julien Ribot peut couper les jambes lorsqu'il chante la "Mort de Luna", avec cette sorte de requiem électronique. Il peut aussi rendre les corps esclaves du beat et alors la danse/transe dicte sa loi ("Fille n°70"). Et comme s'il voulait porter l'ultime coup sans nuance, le disque se referme sur une fulgurance à la Sonic Youth. La boucle est bouclée, le rêve achevé. Mais était-ce vraiment un rêve ? --Ramon Allones