Critique
Sous les jupes des filles, le film, une histoire de femmes. De onze femmes accompagnées par la réalisatrice Audrey Dana dans des tribulations souvent ponctuées d'humour.
Sous les Jupes des Filles, le disque, c'est aussi une histoire purement féminine. Pas celle des actrices comme Vanessa Paradis ou Isabelle Adjani, qui savent tenir le micro, mais celle d'Imany et de quatre débutantes plus sympathiques les unes que les autres.
À vrai dire, le talent déployé par Imany pour cette première incursion dans la musique de film est assez bluffante. Pourvue jusqu'à présent d'un seul quoique réussi album, il était difficile d'imaginer que la Comorienne possédait tant de talent dans sa malle. Hormis un talent de compositeur certain, elle est parvenue à fédérer une belle équipe de jeunes chanteuses à son projet. L'Argentine Natalia Doco, l'Australienne Emilie Gassin, l'Anglaise Sherika Sherard et la Française Axelle Rousseau déploient toutes talents et charmes, et se font remarquer en train de chanter
Sous les Jupes des Filles.
Toujours mue par la soul, Imany délivre une bande-son qui, plus que d'avoir capté l'esprit du film, en est l'une des composantes essentielles.
« The Seasons Lost Their Jazz », chanté sur un mode soul paisible par Natalia Doco, est repris plus loin de façon glam rock par cette dernière, Sherika Sherard et Axelle Rousseau se prennent tour à tour pour Joan Jett. Imany se réserve
« The Good, The Bad & the Crazy », où elle s'avère capable d'évoquer la soul brisée d'Amy Winehouse. Les quatre gredines se régalent à jouer The Supremes ou The Ronettes sur un
« Try Again » enjoué, dans la tonalité du film.
Sous les Jupes des Fiilles est un petit miracle de fraîcheur qui vaut son pesant de montées hautaines des marches cannoises. Une certaine idée et une certaine oreille du cinéma et de sa relation à la musique provenant en droite ligne des films musicaux d'un certain Jacques Demy.
Francois Alvarez - Copyright 2019 Music Story