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Aucune dérision ici. Pas plus que de lecture au second degré. Le chant d'Ayler est une plainte, aventureuse et effrayante, tantôt réjouissante, tantôt marche funèbre. Il n'est qu'à regarder les photos d'époque pour être frappé par l'innocence et l'ingénuité qui se dégagent de son visage ruisselant de sueur lorsqu'il se donne en public, arc-bouté, le pavillon de son ténor pointant vers le ciel. Sa musique, libre et collective, pure de toute supercherie, a la puissance dévastatrice d'un cri qui a livré toutes les batailles, celles de la fin du jazz et de ses limites extrêmes. Comment aller plus loin que "Swing Low, Sweet Chariot" ?--Philippe Robert