Critique Plus de label, des journées traversées dans un état d’hébétude proche de la catatonie (trop de drogues, trop d’alcool) : tout ne va pas pour le mieux en 1982 pour Joe Cocker. C’est alors que l’Anglo-jamaïcain Chris Blackwell, grand manitou du label Island, le saisit fermement par la main et l’entraîne en studio. Entre les consoles patientent le bassiste Robbie Shakespeare et le batteur Sly Dundar, autrement dit la plus luxueuse section rythmique du reggae mondial. Croisent également dans les parages le claviériste prodige béninois Wally Badarou et les copains de passage comme Robert Palmer ou Jimmy Cliff. Les chansons retenues n’ont pas de quoi désorienter le chanteur ni ses fans : une partition méconnue de Bob Dylan (« Seven Days »), un « Many Rivers to Cross » en couleur locale puisque signée Jimmy Cliff et le « Talking Back the Night » qui sera le tube du prochain album de Stevie Winwood. Joe Cocker interprète l’ensemble comme il dévalerait les escaliers de l’Alcazar : avec fougue, conviction et sentiment. Le contraste avec les productions antérieures est saisissant : le chanteur a retrouvé un soupçon de voix et l’intérêt ne faiblit pas au fil des dix chansons. Ce qui fait au moins deux bonnes nouvelles dans le panorama du rock adulte des années quatre-vingt. Sheffield Steel frôle le Top 100 américain et annonce de futurs triomphes aussi improbables que majestueux. Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story Description du produit CD: Joe Cocker,Sheffield Steel