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Dès la première écoute, le deuxième album du groupe de Manchester s'avère être le festival de rythmiques souples, hypnotiques voire ensorcelantes que le nom du quatuor laisse présager. Il ne s'est pas baptisé du nom de la légendaire boîte à rythmes TR 808 de Roland pour la flambe. C'est que, aboutissement de la vague acid-house de 1988, Ex:el en dépasse les symptômes fébrilement extatiques et annonce sans ambages, et en treize morceaux, que le meilleur est à venir (comme ce fut effectivement le cas). Il suffit d'un "In Yer Face" colportant toute la quincaillerie acid - beat reverbéré, charleys mixés en avant, aigus sinusoïdaux - pour que tous les autres titres fleurissent autour de cette colonne vertébrale comme des marguerites au coeur de smiley. Donc, respectueux des ancêtres comme peu de musiciens house-techno, les mancuniens menés par Graham Massey et Martin Price lancent la voix laiteuse de Bernard Sumner (New Order) dans les ventricules d'un "Spanish Heart" aux pulsations chill-out. Et, une fois l'hommage rendu, la machine 808 State s'abandonne à toutes ses pulsions, conférant à ses processeurs ce que l'on nommera une âme musicale. De la hard-house de "Leo Leo" ou "Nephatiti" à "Qmart" et "Ooops" (ces deux morceaux comprenant des parties vocales de Björk), 808 State balaye les strates d'un style électronique au carrefour de la house, de la techno et de la classe fun. Aussi vaste que les perspectives qu'il dégage, Ex:el fait partie de ces disques capables d'épuiser un lecteur CD à force d'être écoutés en boucle. --Florian Pittion