Critique Pour la première fois au cours de l’enregistrement d’un album, CharlElie s’est trouvé face à l’ivresse de la technologie numérique et dans la capacité de fignoler, encore et encore, ses thèmes et refrains. De son propre aveu, 109 (par ailleurs célébration du vingtième anniversaire de sa carrière et prélude à 109 shows spécifique) a fini par surgir hors du studio, comme des chansons à l’arrachée, plus par pression du marché (« alors, ce disque, ça vient ? ») que par réelle volonté de l’artiste. Il fallait bien matérialiser l’esprit de fête d’une joyeuse célébration, qui avait vu réunis sur la scène de l’Olympia Arthur H, son frère Tom Novembre, François Hadji-Lazaro (ex-leader des Garçons Bouchers), -M- et les propres filles du chanteur. Entouré de quelques invités (la rappeuse Bam’s, dans « Sang neuf »), le chanteur évoque la violence, celle faite à une génération sans emploi ni reconnaissance ni perspective. On remarque également l’adaptation à la CharlElie Couture du « Parlez-moi d’amour » de Lucienne Boyer (qui devient ici « Parle-moi d’amour », dans le même élan, le chanteur en convient lui-même, de romantisme pas totalement naïf qui habitait « Aime-moi encore au moins »). Mais CharlElie, qui fuit systématiquement le marais dans lequel on veut l’enfermer (une chanson Qualité France, lui qui se considère comme international et pluridisciplinaire) perçoit avec 109 la fragilité de l’artiste (ventes de disques faibles, concerts rassérénants) et les affres d’une carrière aléatoire : ce sont ce doute et cette colère qui nourrissent cet album.Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story