Critique
Trois ans après son premier coup de tonnerre, Saul Williams revient sur un label indépendant pour un second album plus sobre mais tout aussi riche. La portée revendicative a pris plus d'importance avec un poignée de titres concernant notamment la condition des Noirs et la politique de Bush.
Les influences musicales sont toujours rock, sur
« Grippo » notamment, et rap avec encore cette voix qui guide l'auditeur au travers des différentes ambiances. Ca tourne même presque au punk sur
« Telegram » qui recèle pourtant un message à destination du hip-hop. Le chanteur explique comment les rappeurs ont oublié les racines de ce style et son esprit originel.
Saul Williams n'a lui pas perdu de sa densité et les titres s'enchaînent en laissant bien peu de respirations. C'est le morceau le plus proche d'une chanson classique qui va finalement apporter cet air bienvenu.
« Black Stacey » rappelle la ségrégation subit dans sa jeunesse sur un piano entraînant. Les derniers passages sont beaucoup plus centrés sur la voix avec pour accompagnement d'étranges nappes aux textures rêches. L'atmosphère est toujours aussi sombre et la qualité encore au rendez-vous.
Gabriel Perreau - Copyright 2019 Music Story