Amazon.fr
En ouvrant son deuxième album par les trois langues quelle possède, Lhasa indique par là même ses directions. Lespagnol dabord, avec ses mots qui chantent sans forcer, puis le français, plus douloureux, enfin langlais, pour sa poésie musicale. Et avec tous les mots, Lhasa attise le feu par des musiques plus latines que jamais. "La Confession" possède à cet égard une force étrange, et la Mexico-Québécoise en fait une chanson à leffronterie espiègle. La trompette, la contrebasse, le violoncelle et les marimbas se fondent en un décor qui rappelle certains moments de Calexico. Lhasa peut alors chanter des blues et des gospels ("Small Song") surgis dailleurs. Elle impose des tangos imaginaires. "La Marée haute" laisse émaner une brume de hautbois, où la voix sourde de Lhasa vibre comme un sanglot. Le premier album de Lhasa, La Llorona puisait davantage dans un patrimoine quelle sappropriait. Ici, avec une souche identique, elle sévade en pays électro-ambiant et ethno-lounge, des mots inventés sur mesure pour elle, et par elle. Une musique vitale. --José Ruiz