Critique
Avec ce troisième album, les Bostoniens se détachent pour de bon de leurs copains et rivaux les New York Dolls (trop bordéliques) et Kiss (plus vendeurs, mais beaucoup moins doués) et laissent éclater toute leur fantaisie et leur joie de jouer.
Il y a du Led Zeppelin de
« Communication Breakdown » dans
« Toys In The Attic », la chanson-titre, où Joe Perry a encore progressé d’un cran en tant que compositeur, même le bassiste Tom Hamilton livrant une chanson, véritable écrin pour sa basse et avec un délire total de Joe Perry à la talk-box,
« Sweet Emotion », un de leurs classiques, toujours très attendu en concert (et dont Guns N’Roses piquera un passage à la batterie pour son
« Paradise City »). Sur le mémorable
« Walk This Way » (avec le drumming funky de Joey Kramer et le riff de guitare imparable, trouvé par Joe Perry un jour de soundcheck), Steven Tyler, aussi doué comme parolier que comme frontman, montre son goût pour les jeux de mots, les doubles sens et les histoires salaces et adopte une scansion qu’on assimilera quelques années plus tard à celle du rap, d’où, en toute logique, la reprise du morceau par Run D.M.C. dans les années 80.
En conclusion de la première face, on a droit à une blague de bon goût avec
« Big Ten-Inch Record », reprise d’une vieille chanson coquine qui aura même droit aux honneurs du live. Ceux qui veulent du hard à l’état pur en trouveront aussi, et du costaud, avec
« Adam’s Apple » et
« No More No More ». Final incroyable avec
« You See Me Crying », LA ballade majeure d’Aerosmith, sans doute plus encore que
« Dream On », avec des orchestrations de toute beauté. L’auditeur aura beau chercher, il ne trouvera pas un titre faible ici. Un des très grands disques de rock américain des années 70.
Frédéric Régent - Copyright 2019 Music Story