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Toute l'intimité contenue dans l'album est promise dès cette photo de la pochette. Un contre-jour complice montre la chanteuse, pieds nus, près d'un chat assis sur la fenêtre. Tapestry possède ces teintes douces, chaudes, d'un séjour à la maison de campagne. C'est avec ces douze chansons écrites à la première personne que Carole King va gagner un statut de superstar au début des années 70. L'album s'écoule avec une tranquille évidence, et pour cela, la jeune interprète livre toute son âme, sans que l'on ne perçoive effort ou impudeur. Balancées par un jeu de piano sûr, et soutenues par une rythmique de premier choix, autant les ballades ("Home Again", "So Far Away") que les thèmes plus soutenus ("I Feel The Earth Move") montrent combien ce travail de musique est un travail de coeur. Et d'âme, encore une fois. Cette soul que chante King, prend des accents folk jazzy avec l'inusable "You've Got A Friend" repris par James Taylor. Un des nombreux titres de la compositrice adaptés par d'autres, qu'ils soient Beatles ou Aretha Franklin. Derrière, les choeurs se font célestes, - une Merry Clayton à gorge déployée dans "Way Over Yonder" -, et les congas de Danny Kootch tiennent compagnie, sereinement. Une femme se livre, sans chichis. Carole King n'égalera jamais cette densité émotionnelle. --José Ruiz