Critique
Séparé de ses Visiteurs, Louis Bertignac signe avec Etienne Roda-Gil l'album de son retour. L'ex-Téléphone, à la quarantaine éclatante, est toujours autant marqué par ses premières amours. Fan devant l'Eternel des Rolling Stones, quelle dut être sa joie de travailler avec Chris Kimsey, le complice des Pierres qui roulent... Bon, les références, ça va un moment, mais de là à repiquer dans "Pas cassé" le riff de "Brown Sugar" ! Du côté des textes, Louis a fait appel à Roda-Gil, qui n'est pas franchement un nouveau dans le métier. Ça annonce la couleur : ici on ne baigne pas dans l'avant-garde. Roda, en bon marchand de poésie, a le truc pour dégotter les plans. Avec son talent de conteur, il vous vendrait d'ailleurs n'importe quoi. Dans 96, on écoute ses textes où misère, social et politique, style "No Pasaran" version ado, constituent son fonds de commerce. Résumons : Bertignac n'a peut-être pas réussi comme son ex-Téléphone de collègue, Jean- Louis Aubert, à se détacher des influences de jeunesse et à imposer une image de leader. Mais ne nous acharnons pas. Sa discrétion et son humilité en ont fait un personnage attachant. Il suffit d'écouter "Telle est ma vie", seul titre dont il a écrit le texte. C'est une chanson sincère qui lui correspond. Et on découvre le Bertignac 96, comme chaque nouveau Rolling Stones, sans surprise aucune. -- Platine - Mai 1996