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Suivant l'exemple de Miles Davis, Herbie Hancock, dès 1970, va lui aussi innover, tremper son art dans la fusion. La musique de son sextette, un jazz électro-acoustique et expérimental, est encore beaucoup trop savante et cérébrale pour un jeune public malgré de longs ostinatos funky et le recours fréquent à des rythmes binaires. Pour mieux se faire comprendre, Herbie va alors simplifier, proposer un jazz funk beaucoup plus charnel dans le cadre d'un nouveau groupe, les Headhunters, mieux adapté à son désir de renouer avec ses racines africaines au sein d'une instrumentation digne des plus grands groupes funk de l'époque, la musique de Sly Stone servant de modèle. Ne conservant que Bennie Maupin de l'équipe précédente – il joue de très nombreux instruments à vent et apporte ainsi une grande variété de couleurs à la formation – Herbie au piano électrique et aux synthétiseurs frappe alors un grand coup avec l'enregistrement en 1973 de l'album
Head Hunters : un immense tube, "Chameleon", et une reprise de son célèbre "Watermelon Man" lui assurent un succès planétaire.
--Pierre de Chocqueuse
Critique
Le
Watermelon Man annonce un nouveau virage musical. En répétition, la formation, inspirée des musiques populaires, improvise sur des morceaux d’époque comme
«Thank You for Letting Be Myself » de Sly Stone ou encore
« Funky Robot » de Rufus Thomas qui, au sommet de sa carrière, fit danser tant de personnes au « Woodstock noir » de Wattstax en août 1972.
De cette improvisation des Headhunters naissait le titre
« Chameleon ». Ainsi, la rupture avec les attaches traditionnelles du jazz, engagée dès le début des années 1970, a amené Herbie Hancock à signer un album historique. L’expérimentation électronique dominera ensuite l’ensemble de son œuvre. L’album se vend à un million d’exemplaires et
« Chameleon » est encore à ce jour l’un des titres de jazz les plus demandés.
Guillaume Enard - Copyright 2019 Music Story