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Pour faire suite à son très populaire premier album, Stomy Bugsy attaquait l'an 2000 avec le difficile deuxième album, et un choix délibéré de le faire sonner comme un disque californien, rempli de grosses basses ronflantes, de claviers funky et de choeurs féminins. La pochette, délibérément déclinée de l'image du rappeur assassiné Tupac Shakur, enfonçait le clou. La surprise résidait également dans un duo philosophique avec Jacques Dutronc, tandis que Stomy ressuscitait le Ministère Amer sous un autre nom (Le Plan B) avec ses complices Passi et Hamed Daye. Marqué d'une écriture vive et aussi éloignée que possible des clichés du rap, Trop jeune pour mourir est un album challenge, qui contient des tubes potentiels mais qui surtout marque l'originalité de son auteur et lui autorise les perspectives d'une vraie carrière, ce qui n'est pas le cas de tous les rappeurs qui souvent épuisent rapidement leur catalogue de métaphores et leurs idées de chansons. --Jean-Eric Perrin
Description du produit
Trop Jeune Pour Mourir ImportStomy Bugsy Format: Audio CD
Critique
Décidément, pour garder la pole position dans le rap, il faut se désaper ! Après MC, l'exhibitionniste sensuel, voici Stomy, l'exhib' sexuel… À l'instar des 2 Be 3, ces boys du rap qui bandent facile risquent bien de finir chez Pierre et Gilles… Car ce ne sont pas les textes des chansons de cet album qui permettront à Stomy de jouer un rôle en politique. Entre "Bumpy Dog", qui raconte des histoires de chiens mâles qui japissent et de chiennes qui minaudent… bruitages à l'appui, et "Aucun dieu ne pourra me pardonner", au texte parlé final à pleurer de rire ("… bébé, chérie, tu es la fille la plus belle intérieurement et extérieurement…"), la crédibilité de ce rappeur variét' fond comme neige au soleil… Seuls les trois premiers textes du disque : "Trop jeune pour mourir", "La Bug's Life" et "Incendie dans mon paradis" tiennent à peu près la route. Quant à "Une tombe à la place du cœur", le Prince des sixties, alias Jacques Dutronc, y intervient en duo du bout des lèvres (son bras d'honneur final ne laisse planer aucune équivoque), alors que Passi a l'air d'assumer le postnucléaire "Plan B". Pour ma part, j'ai une préférence pour le tendre et filial, "Pour ma mama". Non seulement les textes sont à l'ouest, mais les musiques seraient côte Ouest (Ouzani, Desh…) ! Le problème, c'est que les équipes de réalisation et de production ont dû s'y mettre à deux pour soutenir à bout de bras (musclés) des compositions qui n'en sont pas. Les seuls moments de bonheur musical puent le sample : le funky "Black Pimp Fada" utilise (avec autorisation) un fragment de "Give Me Your Love" de Curtis Mayfield, son intro rappelant fort le "Best Of My Love" des Comotions Mais où est l'humour de "Mon papa à moi est un gangster" (1997) ? Après les deux premiers albums mythiques du Ministère Amer (1991 et 1994), l'explosion avec le premier album en solo (1996 double or), la déception avec le deuxième (1998), s'il y a un jour une nostalgie sur ce troisième opus de SB, je m'achète un bonnet de laine ! -- Platine