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Autour de Lucie se targue de considérer son étiquette pop du début comme un malentendu. Son troisième album, Faux Mouvement, est un avant-goût de ce que le groupe a toujours revendiqué : l'indépendance. Une notion qui, selon la chanteuse Valérie Leulliot, tient plus à la méthode de travail qu'au style de musique. Douze mois de labeur pour ce voyage musical et intérieur où l'on aborde successivement, au gré des machines, des cuivres et des cordes, les rivages du doute, du mystère et de l'espoir. "Je reviens" fait état d'un itinéraire aux accords mélancoliques. Quelques bribes de pop, des élans trip-hop lancés à l'appel du "Vide" mais rapidement éclipsés par les rythmes saccadés, vertigineux du déstabilisant "Balancier" ou du très laconique "Sans commentaire". Changement de cap pour Autour de Lucie vers un monde peut-être un peu plus éclectique... La maturité ? --Valérie Dupouy
Critique
Après L'Échappée belle, (1994), et Immobile, (1997), quelques bidouillages en tous genres avec Jay Jay Johanson, Anna Karina, Katerine ou Zeze Mago, et quelques concerts aux États-Unis où il est signé sur le label Nettwerk Records, le groupe phare de la pop minimaliste à la française nous livre un nouvel opus, mixé à Londres et produit par Ian Capple (cf. Fantaisie militaire de Bashung). Déroutant par sa façon de combiner, dans une totale liberté formelle, instruments classiques (guitares, violons, piano, flûte, clarinette, harpe…) et machines programmées, ce Faux mouvement porte néanmoins incontestablement la griffe du groupe, ne serait-ce que grâce à la voix délicieusement suave de Valérie Leulliot. Pour la plupart introspectifs et tous résumés par des titres originaux et prometteurs ("Sans commentaire", "Corps étrangers", "La Contradiction"…), les textes littéraires et soignés par la chanteuse elle-même finissent par créer un climat tantôt surréaliste, tantôt intimiste, en tout cas souvent déprimé par le troublant détachement qu'ils distillent à l'égard de l'existence et des sentiments. Un album à la hauteur de ses ambitions, habillé avec sensualité par la subtile Maria Gil, également photographe fétiche d'Axelle Red. -- Platine
Intello pop - Des textes tous signés Valérie Leulliot, un nouveau batteur et ce troisième album. Immobile a très exactement trois ans et certains, semble-t-il, se régalent par avance de la néo-pop iconoclaste de ces français là. Alternant, non sans finesse, chant et talk over, V.Leulliot entraîne la musique de AdL vers des rives plus trip hop, plus dans l'air du temps. Doux, lents, éthérés, truffés de références au post rock nord-américain (autre concession à la mode musicale actuelle), plus d'un morceau flirtent, pourtant, plus ou moins consciemment, avec la variété française (expressionnisme facile et cordes vibrantes, «Chanson de l'arbre», par exemple) et, ainsi, peinent à se démarquer d'un courant réalito-jazzo-soporifique déjà sur-représenté (et sur-estimé par, hum, certains) dans le petit Hexagone. Pas mal de prétention(s) et trop peu de chansons, surtout lorsque «Le salon» nous rappelle qu'ils se sont d'abord fait connaître comme de fort doués trousseurs de pop songs efficaces «à la française». -- Compact