Critique
Ce "Hungry" de Roger Hodgson des Supertramp pourrait bien prendre la suite du "Over My Shoulder" de Mike Rutherford de Genesis, dans le genre "J'ai quitté mon groupe et je continue cependant à faire des tubes !". Même très marqué du son 70/80, ce titre sonne comme un tube. Il faut dire que cet Anglais de 50 ans connaît bien la recette même si cette galette est son premier album depuis 13 ans. En effet, après sept albums et une douzaine d'années au sein des super-clochards, Hodgson décide, en 1983, d'entamer une carrière solo qui, après deux albums (1984 et 1987), prend une pause. Très souvent en France depuis 1998, Hodgson a enregistré ce disque en France, aux USA, en Italie et dans les Pays de l'Est (les orchestres symphoniques y sont moins chers), avec le producteur breton Alan Simon (Excalibur) – auquel on doit le dernier titre "For Every Man" – ainsi que des musiciens français de tout premier plan : Verneret, Samard, Gaucher, Benarrosh, Dunoyer, Roques, Ponthieu... et même Didier Lockwood (on entend aussi la Reine d'Angleterre et Reagan). Seul bémol : qu'il n'y ait que 10 titres alors que l'artiste en avait, paraît-il, 80 nouveaux. Peu importe, j'adore ce disque ! Et tant pis s'il me rappelle mes 20 ans ! -- Platine
Super Trempe - Tiens, voilà le nouveau Supertramp. À ceci près que c'est Hodgson qui l'a fait. Supertramp nouveau, donc. Peu importe d'ailleurs les chicaneries d'héritage avec Rick Davies, les fans du groupe, eux, y trouveront leur compte, et quel compte : dix chansons magnifiques, superbement mises en son et interprétées, avec de ces mélodies magiques comme ils les aiment, et le bonus d'un son considérablement enrichi du fait de la collaboration d'Hodgson avec le touche-à-tout breton Alan Simon qui a élargi le spectre sonore de son complice en recourant à cent instruments divers. L'album se place dans la lignée pure et translucide de Rites Of Passage -dont il reprend d'ailleurs l'époumonant «Showdown» avec le renfort de Didier Lockwood- mais avec cette fois les fastes d'une superproduction qu'impose un retour sur une major. Production luxueuse qu'on oublie d'ailleurs, tant elle sert avec justesse l'art précieux de l'esthète anglais, et tant la communicative chaleur et la sensibilité épidermique du grand Roger transcendent le pur savoir-faire. Au-delà de la montagne de hits potentiels que renferme ce disque, c'est surtout un vrai grand beau moment de bonheur qu'on savoure ici. -- Compact