Amazon.fr
Jamais la musique n'a été aussi pure, aussi captivante. Cette musique qui semble vous appeler de loin, d'un index mutin qui se plie vers cet univers dès lors irrésistible. Pourtant, ses chansons ne se livrent jamais entières, d'un coup. C'est dans le froissement d'une caisse claire balayée avec légèreté que réside parfois le mystère. "I Can't Get Started" (de Gershwin) par exemple, semble se mouvoir avec l'élégance d'une plume portée par la brise du soir. Caresse de la contrebasse, confidence du sax, le jazz de Rickie Lee Jones vous happe et ne vous lâche plus. La texture de sa voix si particulière se trouve ici associée à quelques admirateurs qui partagent la même brûlante passion pour les standards de Sinatra ("Cycle") ou de Marvin Gaye ("Trouble Man").On y rencontre des duos poignants avec Joe Jackson, Taj Mahal, ou Ben Folds. C'est cependant seule avec son piano que la troublante Américaine montre le plus désarmant des talents. Sa reprise de "For No One" des Beatles illumine à elle seule un album sans une note en trop. Suprêmement indispensable. --José Ruiz
Critique
C'est vrai, la fin du précédent millénaire a déjà provoqué la sortie d'une multitude d'albums de reprises de standards chez les artistes anglo-saxons, de George Michael, à Bryan Ferry ou Joni Mitchell. Mais l'affection que l'on porte depuis toujours à Ricky Lee Jones, véritable star de la chanson américaine, auteur-compositrice d'exception, méritait qu'on s'attarde sur son dernier opus. D'autant que l'ex-compagne de Tom Waits ne saurait être taxée d'opportunisme, puisque ses albums Girl A Her Volcano ou Pop Pop avaient déjà attesté son goût pour les reprises pop, folk ou jazz. Son éclectisme la conduit ici à reprendre, avec une incomparable virtuosité d'interprète, des titres musicalement aussi différents que "Trouble Man" (Marvin Gaye), "Cycles" (Frank Sinatra), "For No One" (Beatles), "Show Biz Kids" (Steely Dan), "One Hand, One Heart" (du tandem Bernstein/Sondheim), "Smile" (Charlie Chaplin), ou encore "Someone To Watch Over Me" et "I Can Get Up Started "(Gershwin)... À signaler aussi des duos avec Joe Jackson, Ben Folds ou Taj Mahal. L'ensemble, très Swing et d'une qualité très honnête, trouve sa cohérence, grâce à la voix haut perchée et inimitable de celle qui, trente ans après, incarne encore le rêve idéaliste du mouvement hippie californien, au point d'être adulée par de nombreuses jeunes chanteuses. Notre Vanessa nationale en tête... --E.C. -- Platine
Roadmovie. Sa carrière fut toujours en marge d un univers qu elle ne cesse d épier. Des plaisirs du jazz en passant par une pop céleste, Rickie Lee Jones goûte à tous ces mets délicats sans crier gare, avec toutefois en dénominateur commun, un sens inouï pour écorcher la vie de sa voix souvent à la limite. Certains aiment à la comparer à Tricky, acteur taciturne du trip hop ayant toujours le dernier mot avec ses maux. Comme lui, Rickie se plaît à tailler dans le vif d une poésie itinérante, urbaine N oublions pas son idylle avec Tom Waits, une marque au fer rouge dont on nous prive ici, puisqu elle délaisse ses compos au profit de reprises de chansons signées Steely Dan, Marvin Gaye, Chaplin, Sinatra ou The Beatles. Seule consolation, un duo en compagnie de Joe Jackson ouvre et conclue ce voyage. -- Compact