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Depuis 1989, la diva béninoise Angélique Kidjo incarne une forme de "world-music" qu'elle dépasse ici. La jeune chanteuse, après deux albums d'exploration des racines africaines dans la musique américaine, clôt le chapitre avec le troisième volet de cette trilogie et sans rien perdre ni de sa force ni de sa verve révoltée. Elle peut même se déhancher sur un cha-cha torride, tout en dénonçant le mari violent ("Bala Bala"). Produit par Steve Berlin, également saxophoniste des légendaires Los Lobos, Oyaya! contient de quoi plonger les corps les plus minéraux dans des transes irrésistibles ("Oulala" et ses steel-drums ensoleillés). Angélique Kidjo donne d'ailleurs le ton d'un album où la gaieté contagieuse des mélodies ("Congoleo") contraste souvent avec des textes sombres, dès la première chanson. Ce duo avec Henri Salvador ("Le Monde comme un bébé") vibre d'une douceur latine fragile. Angélique Kidjo visite au fil des chansons les îles des Caraïbes, s'attardant en Jamaïque (le très ska "Mutoto Kwanza") où à Cuba ("Macumba"). Pourtant, elle ne se départit jamais d'une lucidité qui accuse ("Mister Love", profondément touchant). On comprend à travers les churs de "Bissimilai" combien les churs africains ont inspiré le gospel. Et lorsqu'on sait que le titre de l'album, Oyaya! signifie "joie" en yoruba, on saisit d'autant mieux son message. --José Ruiz
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OYAYA!