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Après un passage dans la cour des grands, chez dame Birkin ou Johnny Hallyday, Miossec a gagné ses galons d'auteur. À presque 40 ans, le Breton en a fini de sa période d'apprentissage consacrée à décorer ses blessures d'une poésie crève-cur. Désormais associé à Mathieu Ballet, le complice de Joseph Racaille ou d'Arielle, Christophe Miossec retrouve avec ce 4e opus l'énergie spontanée de Boire(1995), la logorrhée poétique en moins. Ses petites tranches de vie aux refrains entêtants sont désormais habillées d'instruments sophistiqués tels banjo, piano, violon, ou cuivres pétaradants qui donnent à ses tourments un nouveau rayonnement. Épaulé des guitaristes Paul Personne ou Polar, il pose son parlé-chanté avec économie sur des textes inspiré par Libération ("Tout luit tout brille mais rien ne brûle") ou Stig Dagerman ("Consolation") et s'essaie aux jeux de mots à la Gainsbourg ("Tendre S"). Bref, le chansonnier de Brest garde son blues mais Brûle son fond de commerce et troque le registre écorché vif pour une tonalité plus légère. --Sabrina Silamo
Description du produit
BRÛLE
Critique
Chanson française. Ce qu'on espérait, après À Prendre et la tournée qui suivit, très rock, très efficace et intelligemment éloignée des gnangnanteries scéniques de la variété française branchée, n'a pas lieu. Miossec nous chantonne, penaud, qu'il est "plutôt du genre cuisses-con-fesses", mais ne connaissait-on pas trop bien, déjà, son approche plus que désillusionnée de sa/notre vie ? Finalement, on est simplement un peu lassé de l'entendre geindre sur des musiques moins pertinentes qu'auparavant et avec des mots qu'il a parfois mieux choisis. Guillaume Jouan manque-t-il à ce point ? Il semble que oui. Brûle est un disque court qui ressemble plus à une transition qu'à une véritable nouvelle étape. Miossec demeure attachant et important, mais il aurait sans doute pu se bouger un peu plus... -- Compact
Pape de l'évidence rock et de la simplicité apparente, Miossec revient avec un album, le quatrième, que le chanteur brestois a voulu aussi concis et épuré que possible. Pour preuve, celui-ci ne dure que trente-six minutes et des poussières : une politesse dont on lui est reconnaissant et dont beaucoup de ses collègues plus bavards devraient s'inspirer... D'autant qu'au total, on ne dénombre que des pépites, soit douze titres sans fioritures, mais n'excluant en rien la poésie jaillissant de ses mots parfois bruts et l'efficacité de ses mélodies limpides et sans effets de style racoleurs. À ce titre, et en comparaison avec son précédent album qu'il jugeait trop posé, Miossec qualifie ainsi ce Brûle : "Cette fois j'avais envie d'un disque qui fasse du bien. Avec le premier, Boire, ce disque est vraiment le plus important..."
Délicieusement ironique, Miossec peaufine au passage son image de chanteur iconoclaste et d'observateur amusé d'un monde qui le dépasse : "Tout brille, tout lui, mais rien ne brûle...", déclare-t-il d'emblée comme pour dénoncer la tyrannie du monde de l'apparence (cf. "Brûle"), avant de constater tristement en conclusion d'un désopilant inventaire de questions plus saugrenues les unes que les autres : "Comme on ne pose jamais les bonnes questions, pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ?" (cf. "Pourquoi ?" "Parce que !"). Bien vu ! Entre doute et désolation, Miossec nous offre ici à demi-mots son disque le plus personnel et sans doute le plus auto-biographique. -- Platine