Critique
Depuis leur premier album autoproduit et le plus remarqué La Bancale (1998, contenant l'étonnante reprise de "L'Amant de Saint-Jean"), ce groupe de quatre musiciens originaires de la campagne sarthoise n'a cessé d'élargir son public amateur d'une certaine chanson française allant de Murat à Miossec, puisant ses racines dans le folk américain, sans jamais négliger la qualité de ses textes, infiniment obscurs et poétiques. Si ce troisième album enregistré l'été 1999 au Maroc, paraît de prime abord moins violent que ses aînés, il n'en demeure pas moins sombre, tourmenté et mélancolique. Bref, dans la grande tradition du rock à la française. Tout juste Tue-Loup semble-t-il s'être attaché à apaiser ses élans de guitares, comme pour mieux magnifier l'inquiétante sérénité émanant de textes égrénés d'une voix lasse, presque désabusée, dont les éclats nerveux n'en ressortent que plus tranchants. La Belle Inutile confirme une forte personnalité qui positionne, à coup sûr, Tue-Loup comme un des groupes les plus prometteurs de la scène rock du nouveau millénaire. -- Platine - Janvier 2000