Critique L’heure est venue pour le wonder boy 2.0 de laisser une trace tangible, à l’ancienne : un album. Après trois singles successifs à fort impact, d’abord visuel puisque l’homme est avant tout vidéaste de talent (à son catalogue la crème des artistes du moment, de sa complice Lana Del Rey à Katy Perry ou Rihanna, ce genre). Ces trois tranches de noir et blanc somptueux et d’obsessions graphiques (slow motion, animaux, physiques avantageux) ont valu à Yoann Lemoine une réputation qui lui permit en outre l’exploit de remplir le Grand Rex avec un spectacle époustouflant à l’automne 2012. Tout cela sans avoir sorti le moindre album, puisque le voici, ce Golden Age qui recèle donc les chapitres liminaires, « Run Boy Run », « Iron », « Brooklyn » et « I Love You », disséminés ici et là. Le territoire est balisé : ample, pompier, majestueux, cinématographique, avec absence totale de guitare, percussions frénétiques et post tribales, nappes et cuivres clinquants. Woodkid creuse donc ce sillon avec des cavalcades cuivrées, des violons en glaçage et ce don particulier pour une vraie « mise en scène » de la musique, avec montées chromatiques, ruptures et plans de coupes. The Golden Age est définitivement plus narratif que pop, d’autant que la voix un peu brumeuse, monocorde, appliquée, induit cette demande d’attention particulière. Réalisé avec l’aide de quelques complices de la nouvelle scène electro créative hexagonale (The Shoes, Revolver, Tahiti Boy, SebastiAn), The Golden Age s’appuie sur un piano acoustique qui sert d’ossature à cette narration au long cours, ce voyage cinétique qui va convoquer les battements de cœurs récurrents des toms basse et les éclats de cuivres. Artiste total des années 2010, Woodkid pourrait souffrir d’une limitation de sa création à la simple « écoute », mais dans cette seule dimension, la puissance quasiment liturgique de ses arrangements, cette transfiguration sacrée, se suffit amplement. Nul besoin de l’univers agressif des jeux vidéo ni même de ces images léchées qu’il imagine pour en apprécier la richesse intrinsèque. Cette heroic fantasy sonore, cette pâte malléable constituée autour de ses fantasmes est assez riche pour séduire, même s’il est moins chanteur que récitant. Mais bien sûr on imagine que le Rémois au système pileux foisonnant voudra aller plus loin, et de cet âge d’or aux accents hollywoodien, on se prend à espérer un jour un long métrage qui ferait aboutir cette promesse...Jean-Eric Perrin - Copyright 2019 Music Story Description du produit C'est sans aucun doute le disque le plus attendu de l'année 2013. Deux ans après sa première apparition foudroyante - avec Iron, titre emprunt de lumière au clip déjà légendaire - Woodkid s'apprête enfin à dévoiler au monde The Golden Age, son tout premier album, élaboré et poli dans le plus grand secret, tout au long de l'année dernière. Quand certains se seraient agenouillés devant le buzz facile, Woodkid alias Yoann Lemoine, 29 ans, a choisi d'inverser les conditions de l'exercice, prenant encore une fois toute l'industrie du disque à revers. C'est en effet après un second single devenu classique lui aussi en quelques semaines (Run Boy Run), et surtout à la suite d'une grande tournée mondiale - dont l'apogée fut un concert inoubliable au Grand Rex de Paris - que Woodkid a décidé d'offrir son premier essai. Un disque d'une ambition incroyable, qui pousse encore plus loin et plus vite la course du jeune français que l'Amérique s'arrache déjà. Plus qu'un disque, The Golden Age est une véritable épopée, une aventure belle et surprenante. Entièrement pensé par Woodkid, ce premier album a notamment reçu le soutien de toute une nouvelle génération d'artistes (The Shoes, SebastiAn, Revolver) qui se sont succédés pour amener leur talent à ce disque à la fois intérieur et radieux, multiple mais aussi traversé par une énergie très personnelle, dont Yoann Lemoine irradie depuis ses débuts.Le résultat est absolument épatant. Dès la premièr