Critique
Cet album est un disque politique. Certes,
London Undersound offre (mais c’est une habitude chez Sawhney) une toujours aussi talentueuse synthèse de musiques électroniques et traditionnelles, de trip hop, de jazz, de drum 'n’ bass, et de flamenco.
En effet, le programme peut s’enorgueillir de la présence de quelques invités de marque (Anoushka Shankar, fille de Ravi, ou l’habituée et hiératique Tina Grace), voire d’une star (Paul McCartney). Evidemment, le compositeur nous gratifie de quelques passages instrumentaux de toute beauté, mêlant comme à l’accoutumée traditions classiques, occidentale et orientale. Mais la violence de l’inspiration se situe ailleurs, dans le portrait sans concession d’un Londres exsangue de son extrémisme, en particulier.
Les différentes pièces évoquent alors une police confondant trop facilement terroriste et simple badaud, des médias inconséquents, ou la déshumanisation de l’époque. Et de son propre aveu, si le musicien constate, ce n’est pas pour accabler, mais pour inciter à l’évolution. Le tout non sans s’autoriser quelques instants d’apaisement, effleurant l’amour (
« My Soul »), ou le plaisir simple et immédiat d’une nouvelle journée (
« Daybreak »).
Une réussite, de la part de l’un des artistes britanniques les plus talentueux de la scène electro, et de la musique de fusion.
Christian Larrède - Copyright 2019 Music Story