Critique
Kaléidoscorock. Joe Strummer rejoint l écurie Epitaph, via Hellcat records D emblée, ce nouvel album est empreint d une légèreté d exécution, que n avait pas Rock Art & The X Ray Style, paru voici deux ans, sans doute parce qu il marquait le grand retour de l ancien chanteur de Clash et que cette pression transpirait de chaque plage. Egalement parce qu il bénéficiait d une production autrement plus tapageuse. Ici, tout paraît plus coulé, moins flagrant. Moins inspiré aussi, à la première écoute, mais les suivantes viennent remettre les pendules à l heure. Il s agit bel et bien d un disque gigantesque, propulsé par tous les ingrédients qui ont fait la grandeur du Clash, un ton en dessous bien sûr surtout côté rock-, car le contexte (et le groupe) est différent. Mais, ceci étant écrit, une foultitude de petites trouvailles de génie, et cette voix capable de tout arracher sur place avec un simple murmure, rappellent à ceux qui auraient la mémoire trop courte que Joe Strummer reste un monument et que même sa ponte matinale est source de rêveries dorées de la part de l armada des mous de l inspiration en activité de par le monde. On pense tantôt à du Pogues haut de gamme (quoi de plus normal chez celui qui en fut le chanteur d une tournée), tantôt à du Clash qui aurait pris quelques rondeurs, mais l on est surtout émerveillé par le son compact (finalement) et la belle homogénéité de l ensemble. Un disque qui transpire d honnêteté artistique, de rugosité stylistique, d une confrontation digérée de tous les styles, ce qui se traduit, après en avoir farfouillé le moindre recoin, par une grandeur d âme assez exceptionnelle. Chapeau bas ! - 11 titres, 73m19s - -- Compact
Description du produit
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Joe Strummer avait mis fin en catastrophe aux mythiques Clash suite à l'album Cut The Crap, sorti en 1985 et hué par la presse dès ses premières notes. Puis il a entamé une carrière solo loin des projecteurs qui éclairaient son groupe, sous le nom de Joe Strummer & The Mescaleros. Ce troisième album solo, sur lequel il est accompagné par les mêmes Mescaleros, verse dans un mixage bien plus proche de l'attitude d'un Van Morrison que des habitudes musicales des furieux Clash, sans toutefois les oublier totalement.
C'est qu'au lieu de s'illustrer fièrement dans un style particulier en forme d'étiquette, Strummer et ses compères naviguent ici entre les genres, mêlant dub, reggae, jazz, folk, entre lesquels s'immiscent quelques intentions volontiers hip-hop (voire même une curieuse samba sur "Mondo Bongo"), le tout imbibé d'un commentaire social aiguisé, sensible à bien des égards sur un titre comme "Shaktar Donetsk", aux accents arabisants.
Album mature et coléreux à la fois, dans la lignée de l'impeccable Rock Art And The X-Ray Files sorti en 1999, cet album dévoile des capacités de Strummer à ne pas s'enfermer dans un style punk, sans toutefois le renier, puisque sa rage post-punk ne manque pas d'éclater au détour de quelques titres présents ici, redécouvrant les racines de l'artiste à l'aune de tout ce qui est né depuis. Du grand Strummer ! --Toma Blondeau