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Loin de la démesure de ses uvres précédentes, et faute de pouvoir achever son adaptation de Don Quichotte, Orson Welles, cinq ans après la réalisation de La Soif du mal, met en image grâce à une coproduction européenne, l'uvre de Franz Kafka. Le Procès est l'histoire de Joseph K, un homme qui ne sait pas de quoi on l'accuse. Incarné avec une droiture mêlée de fragilité et de mystère par le filiforme Anthony Perkins, fraîchement sorti du Psychose d'Hitchcock, cet autre "citoyen K" devient la métaphore de tout un système basé sur une bureaucratie écrasante et une justice absurde. C'est dans l'architecture de la gare d'Orsay que le réalisateur de Citizen Kane va trouver le décor propice à l'imaginaire baroque de l'univers kafkaïen. Le grand hall lui permet d'exploiter la profondeur de champ qu'il affectionne, l'enchevêtrement de poutrelles métalliques lui offre la possibilité de jouer avec les ombres et les angles. Mais c'est surtout dans l'utilisation très rythmée des entrées et sorties de champ des acteurs et dans un montage précis que le cinéaste trouve l'expression du labyrinthe mental que se créait Joseph K. On notera le personnage ambigu interprété par Romy Schneider, rompant ainsi définitivement avec son image d'impératrice en costume, et la première collaboration entre Jeanne Moreau et Orson Welles – suivront Falstaff en 1965 et Une histoire immortelle en 1967. --Arnaud Caire
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Copie restaurée et remastérisée en haute définition