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Tourné en Technicolor en 34 jours – un record pour l'époque –, le premier long métrage de Joseph Losey est resté célèbre pour le contexte dans lequel il a été élaboré : 1948 et ses prémices de guerre froide et de maccarthysme. Bien que financé par la RKO, alors propriété d'Howard Hughes, ce milliardaire peu suspect d'anti-américanisme, cette parabole sur la discrimination et l'intolérance coûta cher à Losey et à son scénariste Ben Barzman, qu'il retrouvera pour Temps sans pitié et L'Enquête de l'inspecteur Morgan. Avec le recul, en dépit de dialogues et de situations un peu trop appuyées, le film détonne par sa facture, aux frontières de l'onirisme et du réalisme, entre cauchemar éveillé et description sans concession de l'american way of life. Impression sans doute due au soin particulier apporté à la couleur et aux décors qui donnent un charme troublant à cette fable. À l'instar de cette très belle phrase que l'on entend dans le film : " Il n'y a rien dans le noir qui n'y était déjà à la lumière " ; ou de la bouleversante scène de la coupe de cheveux. Outre le vétéran Robert Ryan &8211; Nous avons gagné ce soir, La Horde sauvage –, dans le rôle du gamin, on découvre Dean Stockwell, qu'on reverra adulte dans Paris Texas, Apocalypse Now et Tucker, dans lequel il interprète... Howard Hughes. --Sylvain Lefort
Description du produit
Le Garçon aux cheveux verts (The Boy With Green Hair), 1 DVD, 79 minutes