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Après une incursion du côté de Flaubert (Madame Bovary), Claude Chabrol revient à Simenon, auteur qui lui avait si bien réussi avec Les Fantômes du chapelier. Et le réalisateur du Boucher ou de Merci pour le chocolat de signer un chef-d'œuvre, malheureusement méconnu et mésestimé. Rien d'étonnant à cette affinité entre Chabrol et le père de Maigret : chez ces deux moralistes, on retrouve le même regard d'explorateur sur la noirceur de la vie, le même intérêt pour l'opacité des êtres, le même style objectif et clinique. Satire de la bourgeoisie, comédie humaine, Betty est avant tout un magnifique portrait de femmes. Dans le rôle-titre, à mi-chemin entre Violette Nozière et La Femme infidèle, Marie Trintignant est époustouflante : pour sa deuxième incursion dans l'univers chabrolien après Une affaire de femmes, elle porte à bout de bras son rôle de femme blessée, brisée, trompée par la vie. On n'est pas près d'oublier son visage ravagé par l'alcool et la pluie, seule dans la ville, la nuit. À ses côtés, pour la 24e fois dans un film de son ex-mari, Stéphane Audran : tout en élégance et détermination, elle assure dans un rôle pas évident. Du grand art. Et si par comparaison les portraits d'hommes apparaissent un peu plus manichéens ou caricaturaux, Claude Chabrol réussit là son film peut-être le plus intime et le plus secret. Et si Betty, c'était lui ? --Sylvain Lefort
Description du produit
Betty, 1 DVD, 103 minutes