A l'heure où la France s'engage dans la révision de la loi de
1975, qui constitue le socle des politiques sur le handicap, il
y a consensus pour ne plus considérer le handicap comme un
attribut essentiel de la personne, qui la caractérise souvent tout
entière et la nie derrière le stigmate. Le handicap est maintenant
plus largement défini comme tout ce qui impose des restrictions à
la participation sociale, résultant de l'interaction entre une limitation
d'activité, consécutive à un problème de santé, et des obstacles
environnementaux : barrières physiques, architecturales ou psychosociologiques
(attitudes négatives, discriminations). On parle volontiers
de «situation de handicap» pour souligner le caractère plus
conjoncturel que naturel du handicap dans cette nouvelle acception
du terme.
Après avoir fait le point sur les évolutions qui ont marqué le traitement
social du handicap et examiné les politiques publiques et
pratiques sociales dans ce domaine, ce dossier aborde les conditions
de vie et l'expérience quotidienne des personnes handicapées.
Il souligne en quoi les questions éthiques, en particulier celles
soulevées par les progrès technologiques dans le domaine biomédical
et la tentation d'«éliminer» le handicap, renvoient à un choix
de société plus large : sommes-nous prêts à créer un espace pour
tous où chaque particularité puisse exister ?