Le lobbying a mauvaise presse en France, comme on l'a vu
récemment lors de la victoire de la candidature londonienne
pour les Jeux Olympiques de 2012, aux dépens de
la candidature parisienne. L'observation des expériences étrangères
permet toutefois d'apprécier ce phénomène à sa juste valeur, d'en
comprendre les dangers réels, mais aussi les apports potentiels.
D'ailleurs, une évolution apparaît en France, où depuis la fin des
années quatre-vingt, des dizaines de cabinets de lobbying ont vu le
jour. La mondialisation et l'intégration européenne ont ici joué un
rôle d'accélérateur, ainsi que la demande croissante des groupes
sociaux à être davantage associés à la décision politique. Les lobbys
pourraient aider à établir un contrôle et jouer un rôle d'intermédiaire,
alertant l'opinion publique en cas de besoin et permettant
aux individus les plus directement concernés de se mobiliser ou de
s'organiser.
Cette évolution exige une réglementation et une transparence
des procédures qui, pour l'heure, font défaut. Les pouvoirs publics
doivent tout d'abord réglementer le rôle des lobbys, à l'exemple du
Québec qui a adopté en 2004 un Code de déontologie des lobbyistes.
Ensuite, on pourrait envisager de remédier au déséquilibre
entre groupes d'intérêt économiques et groupes d'intérêt non-économiques,
notamment en cofinançant les activités de ces derniers,
comme le fait déjà la Commission pour des groupes de protection
tels ceux des consommateurs ou des femmes.