Les limites des modes d'action publique fondés sur une vision
centralisée du rôle de l'État ont conduit à l'apparition d'autres
modes de pilotage politique que l'on désigne sous le terme de
«gouvernance».
La gouvernance peut être définie comme un processus de coordination
d'acteurs, de groupes sociaux, d'institutions pour atteindre
des buts discutés et définis collectivement. Dans un contexte de
décentralisation, d'européanisation et de mondialisation, elle
amène à repenser les manières de gouverner, à construire un intérêt
général rattaché à un territoire et à mettre en oeuvre des stratégies
collectives. Dans ce cadre plus ouvert, les expérimentations se
sont multipliées, qu'il s'agisse de pratiques de gestion, de concertation,
d'élaboration de projets et d'un intérêt collectif territorialisé,
de création de réseaux et de coalitions. Des organisations variées
participent au gouvernement ou à la gouvernance locale (sociétés
d'économie mixte, associations, promoteurs, entreprises de
services urbains, chambres de commerce et d'industrie, PME ou
grandes entreprises, artisans...), à côté des consultants désormais
très présents. Tout ceci contribue à faire évoluer le rôle du politique.
On assiste à une transformation dans le rapport entre élus et
citoyens, entre régulation politique et intervention de la société
civile qui va dans le sens de l'autonomie des différents acteurs, de
la juridicisation des relations et des conflits, de la concertation.
Cependant les gouvernements locaux restent bien présents, leur
expertise et leur influence politique tendant plutôt à s'accroître.