Votes protestataires, abstentionnisme, montée de la défiance à l'égard du personnel et de l'activité politiques, chute des adhésions aux partis et aux syndicats... Les signes abondent d'une désaffection des citoyens pour les formes traditionnelles de participation politique. En complément du vote, dont ils relativisent la portée, les citoyens se tournent vers des formes d'expression et d'engagement politiques qu'ils jugent - à tort ou à raison - plus efficaces. Les mobilisations sociales intermittentes sont ainsi devenues des phénomènes récurrents de la vie médiatique et politique. Ces mutations traduisent-elles un désintérêt grandissant des citoyens pour la politique ? Ne révèlent-elles pas plutôt un certain désenchantement à l'égard du fonctionnement actuel de la démocratie représentative ? Après un état des lieux de la participation politique en France, le dossier aborde ces questions. Il montre enfin comment les pouvoirs publics, confrontés aux manifestations les plus tangibles de la fameuse " crise du politique ", essaient aujourd'hui de renouveler les formes institutionnalisées de participation à la vie politique, notamment à l'échelle locale.