Paris n'appartient pas qu'aux Parisiens. Salariés, entrepreneurs,
consommateurs, usagers, touristes, le savent depuis
longtemps. Cependant, des interdépendances au sein de la
région urbaine ne signifient pas pour autant une homogénéité des
territoires. Entre Paris et la périphérie, entre petite et grande couronnes,
entre départements, entre communes, les différences subsistent.
Et cela concerne l'offre de transport, les comportements de
déplacement, les densités, les modes d'occupation du sol, les paysages,
les types d'emploi et les niveaux de chômage, les nuisances,
les ressources et les revenus...
Les années 2006 à 2008 resteront probablement une période clé de
l'évolution institutionnelle de la ville capitale, de la région parisienne
et de l'Île-de-France. En juillet 2006, une quarantaine d'élus mettent
en place la Conférence métropolitaine de l'agglomération parisienne,
nouvelle structure de concertation, fortement soutenue par Bertrand
Delanoë, maire de Paris. De son côté, en juin 2007, le Président de la
République évoque la possibilité d'une communauté urbaine, reprenant
l'idée d'un Grand Paris, cependant qu'à l'automne débute la révision
du Schéma directeur de la région Île-de-France qui fixera les
orientations du développement économique et urbanistique pour
l'ensemble de l'Île-de-France...
Derrière les grands dossiers (transports, emplois, logements, pollution...)
et les débats sur les limites territoriales, se profilent les enjeux
institutionnels et politiques. À côté de l'objectif de réduction des inégalités
s'affirme aussi l'ambition de conforter la place de Paris, métropole
mondiale, dans la compétition internationale. À la complexité des
divers scénarios envisageables pour un futur Grand Paris fait cependant
écho une question simple : comment agir collectivement, de
manière à la fois plus efficace, plus légitime et plus solidaire ?