L'Union européenne a multiplié ces dernières années les initiatives
en matière de sécurité intérieure pour lutter contre la criminalité
organisée, le terrorisme, le trafic de drogues... : création
d'un mandat d'arrêt européen, mise en place d'Eurojust pour
faciliter les poursuites à l'échelle européenne, renforcement d'Europol,
harmonisation des législations nationales.
C'est en 1997 que le Traité d'Amsterdam inscrit la création d'un «espace
de liberté, de sécurité et de justice», comme objectif de l'UE. Les organisations
européennes vont alors proliférer, les programmes d'action vont
se multiplier, des bases de données vont se déployer, une importante activité
normative au sein du Conseil des ministres va se développer.
Parallèlement, des dynamiques sont à l'oeuvre qui, peu à peu, ont raison
des difficultés d'«européanisation» de politiques liées à la souveraineté
nationale : mobilisations professionnelles de magistrats et
de policiers, effet accélérateur des crises (comme les attentats du
11 septembre 2001), opinion publique très favorable à plus d'intégration
européenne dans ces domaines précipitent la prise de décision
en matière d'instruments de coopération.
Mais des difficultés demeurent, comme la diversité des droits pénaux
nationaux que les gouvernements sont peu enclins à modifier ou la
logique de compétition qui continue à prévaloir dans les relations
entre les différents organes de coopération. Par ailleurs la question
subsiste de savoir, entre sécurité et liberté, ce que produit l'Europe,
en particulier depuis que s'amplifie la menace terroriste.