Lutter contre la pauvreté est devenu une priorité de politique
publique. En France, l'objectif de réduction d'un tiers de la pauvreté
en cinq ans a été récemment fixé. Dans l'Union européenne,
les politiques dites d'inclusion sociale visent également une
diminution de la pauvreté. À l'échelle internationale, les objectifs du
millénaire pour le développement assignent aux États une ambition
d'éradication du dénuement extrême. À ces trois échelles, aux problèmes
parfois difficilement comparables, se posent des questions
similaires de définition, de délimitation et de mise en oeuvre de
dispositifs et de prestations aptes à atteindre de tels buts.
De quoi parle-t-on ? La pauvreté peut être évaluée très différemment,
selon des seuils relatifs de revenus, selon les conditions de
vie, ou encore selon des caractérisations que l'on dit «absolues»
des situations défavorisées.
De qui parle-t-on ? On verra, pour le cas de la France, l'hétérogénéité
des catégories de population concernées, et notamment la
montée de celle des «travailleurs pauvres», ainsi que les risques qui
pèsent sur le devenir de certaines d'entre elles, les retraités par
exemple.
Que fait-on ? Aux trois échelles, nationale, européenne et
mondiale, les innovations sont nombreuses : création du Revenu de
solidarité active (RSA) en France, souci renforcé de coordination
des interventions dans l'Union, recours accru à la logique de
l'expérimentation...
Dans une conjoncture assombrie par la crise économique, ce dossier
propose un panorama des approches, en insistant sur les transformations
récentes attachées à la logique de fixation d'objectifs
quantifiés en matière de lutte contre la pauvreté. Ses éclairages
variés aident à la compréhension du phénomène et des réponses qui
y sont apportées, en même temps qu'ils apportent des éléments instructifs
sur les préoccupations et orientations liées à la crise et à son
impact sur la pauvreté.