Pour mieux lutter contre les discriminations, est-il nécessaire d'en mesurer l'ampleur exacte en utilisant des statistiques " ethniques " ? Depuis dix ans, une violente controverse divise partisans et adversaires de telles statistiques. Ceux qui y sont favorables considèrent que cet outil de connaissance permettrait de démontrer les discriminations et de mieux les combattre. Ceux qui y sont hostiles dénoncent le danger et les effets pervers des " statistiques ethno-raciales ". Finalement, reste la question fondamentale : en se focalisant sur la catégorie ethnique pour analyser les problèmes de discrimination, n'en oublie-t-on pas une autre dimension tout aussi essentielle ? Ne faut-il pas prendre en compte le fait que ce qui discrimine les minorités ethniques, c'est le double handicap de la race et de la classe et que, derrière la mise en avant de l'origine étrangère, se cache souvent la volonté d'évacuer la question sociale ?