Les réseaux sociaux n'ont peut-être jamais autant été d'actualité,
leur rôle dans les révoltes du Printemps arabe les ayant
notamment placés au centre des débats sur le nouveau pouvoir de
la société civile dans la sphère politique.
Mais de quoi les réseaux sociaux sont-ils le catalyseur ? Ce dossier
s'attache à montrer que ces outils en perpétuelle évolution sont à la fois
le reflet et les acteurs de différentes transformations de la société.
Réseaux en ligne par essence, les réseaux sociaux sont encore
largement l'apanage des «digital natives», nés dans un univers où
tout est numérique et pour qui la frontière entre le privé et le public
est peut-être moins infranchissable. Certains y voient d'ailleurs un
espace où se perd la notion de l'intime. Or, ce n'est pas tant l'exhibition
de la sphère privée qui est en jeu que ce que les internautes
souhaitent montrer de leurs relations sociales à travers les réseaux
sociaux. Et il se trouve que différents leviers de mise en ligne de
leur sociabilité sont offerts aux utilisateurs.
Parallèlement, les données personnelles d'internautes qui se
dévoilent toujours plus sur les réseaux sociaux représentent une
manne informationnelle et financière pour les annonceurs ou pour
des institutions diverses. Cette divulgation est d'ailleurs susceptible
de nuire aux individus, notamment sur la plan professionnel
ainsi que l'ont illustré certains cas de licenciement.
C'est donc une réalité complexe que celle des réseaux sociaux, où
est questionnée la relation verticale entre pouvoir, médias et citoyens
ainsi que des formes nouvelles de sociabilité. A la fois source d'émancipation
et source d'uniformisation, les réseaux sociaux de l'internet,
dont l'utilisation est très peu réglementée, représentent une rupture
technologique profonde. Celle-ci, comme souvent dans le passé, suscite
des craintes dont on peut espérer qu'elles s'avèreront sans fondement
si les pratiques se mettent en place dans un cadre juridique
approprié et de façon réfléchie et progressive.