Liz CHERHAL IL EST ARRIVE QUELQUE CHOSE Laissez-moi vous raconter comment c est arrivé ... Il est arrivé quelque chose est mon Premier Album. Pas le premier album sur lequel et pour lequel je travaille, mais le premier que je sors sous mon nom propre. Liz Cherhal TENDRESSE ET HUMOUR NOIR POUR CETTE FEMME A BRETELLES A LA FORTE PERSONNALITE Liz Cherhal est chanteuse. Mais ne comptez pas sur elle pour entonner Les amants de Saint-Jean après le fondant au chocolat, sur l insistance de convives à la muflerie avinée. Ses chansons vous emmènent vers d autres espaces que ceux des bals musettes un brin mélo, vers d autres horizons d écriture, de musique, de sentiments et d humour. La preuve, ce premier véritable album Il est arrivé quelque chose , qu elle a entièrement écrit, pensé, arrangé et maîtrisé du début à la fin : un petit bijou. Un joyau de qualité d inspiration. Si l angoisse, la souffrance et la mort sont présentes, elles n y sont pas fossilisées dans le chagrin et la noirceur. Elles trouvent au contraire leur pendant dans le rêve, la contemplation, l élan, la poésie, la fantaisie, et leur rédemption dans les chansons. Chansons sur l amour filial qui se dit mal ou difficilement, parfois simplement en mettant ses habits du dimanche ou en s exprimant trop tard par des signes ou des regrets. Chansons sur le partage passionnel qu on ne trouve jamais à la mesure de ce qu on attend et qui peut s abîmer dans des excès furieux ou des carences. Chansons de conjuration des envies de meurtre. Chansons de compassion pour la différence qui n élude pas la souffrance, mais voudrait déboucher sur de l ardeur. Chansons de fierté qui exige des autres un regard humain et non stéréotypé. Chansons sur des musiques tragiques ou festives, en corrélation ou en paradoxe avec les idées, mais toujours avec des mélodies qui harponnent l attention et l adhésion à l écoute. Car la beauté de ce disque se trouve aussi dans ses ambiances musicales, où comme chez William Sheller, les instruments classiques (vents, quatuor à cordes, timbales et grosse caisse d orchestre) complètent ou relaient avec bonheur et pertinence l accordéon de Liz et les cordes électrifiées de ses acolytes habituels. Les bois et les cuivres amplifient la gravité des propos ou donnent, au contraire, des aérations réjouissantes. La clarinette souligne les chutes, le violoncelle rend palpables les bosses sur un crâne désespéré, et le piano vient soutenir de quelques petites notes la musique à bretelles. Une Chorale et des timbales s y ajoutent pour orchestrer des ponts symphoniques majestueux. Un mélange des genres original qui distingue ce disque dans la production du moment. Liz ne néglige rien et utilise tout : les éclats de sa vaisselle cassée lui servent à tracer un chemin dans la forêt concertante des émotions humaines vers les clairières les plus nobles ; à chacun de décider ou non de le suivre pour remonter à la source de ses propres sentiments.