Nicole Barrière nous suggère dans son recueil de voir l'Afrique autant comme un terrain d'exercices physiques qui la polluent, que comme le lieu de respiration du monde. L'Afrique sert d'instrument d'exploration des humanismes. La poésie de Barrière est un langage vital qui nous permet d'effectuer une espèce de réorganisation des mondes, après qu'elle nous ait amenés vers toutes sortes de paliers, d'échelles et de significations. Oui, ce langage poétique sur l'Afrique fragmentée, écartelée nous permet de trouver comment le monde invente et s'invente dans ces interstices, et comment ce continent arrive à résister, du moins temporairement, à l'homogénéisation et à l'appropriation définitive. En effet, dans cette poésie de Nicole, l'Afrique est ce territoire nomade où règnent le vague, l'indéterminé, l'incertain, mais aussi c'est un territoire flexible et réversible, en cela il constitue peut-être le creuset de libertés à venir. Par son style diop-senghorien, la poésie de Barrière nous fait balancer entre la réalité et le "grand réel" porteur des espoirs et du dépassement des limites.