Cinéma et Sensation : Le film français et l'art de la transgression se penche sur un phénomène très controversé dans le cinéma contemporain : la réémergence des pratiques cinématographiques (et, par extension, des approches théoriques) qui donnent la priorité au cinéma comme médium des sens.
La France propose ici un cas intrigant. Un sens spécifique de l'élan vient de la sortie, en étroite succession, d'une série de films qui illustrent une conscience caractéristique de l'impact sensoriel et de la nature transgressive du cinéma : Adieu ; A ma soeur ; Baise-moi ; Beau Travail ; La Blessure ; La Captive ; Dans ma peau ; Demonlover ; L'Humanité ; Flandres ; L'Intrus ; Les Invisibles ; Lady Ch. atterley ; Leçons de ténèbres ; Romance ; Sombre ; Tiresia ; Trouble Every Day ; Twentynine Palms ; Vendredi soir ; La Vie nouvelle ; Wild Side ; et Zidane, un portrait du XXIème siècle. Ces films, entre autres, caractérisent une volonté d'explorer la capacité unique du cinéma à nous déplacer à la fois viscéralement et intellectuellement.
Martine Beugnet se concentre sur les chevauchements cruciaux et fertiles qui se produisent entre le cinéma expérimental et le cinéma grand public. Son livre s'inspire des écrits de Deleuze, Merleau-Ponty, et Bataille, entre autres, mais avant tout, elle développe ses arguments à partir des films eux-mêmes, à partir de la description complète de séquences, de techniques et de motifs spécifiques qui nous permettent de nous engager dans les œuvres comme événements matériels et comme processus de pensée. À son tour, elle démontre comment les films, envisagés comme des formes de pensée incarnée, offrent des façons alternatives d'aborder les débats socioculturels les plus brûlants d'aujourd'hui ? de la suprématie croissante de la technologie, à la mondialisation, à l'exil et à l'exclusion.