C’est d’ailleurs la thèse que défendit dans ses conclusions le professeur Albert Solal, expert-psychiatre et chef de service à l’asile Saint-Anne, en toute fin de procès. Le professeur Solal était un petit homme gris et rabougri, dont les interventions, paradoxalement, étaient solaires.
Il dit ainsi.
— L’histoire de Constant Gallien est jalonnée de scènes dramatiques et d’évènements tragiques, mais, avant tout, elle est celle d’un manque. Un manque improbable. Un manque que d’aucuns n’hésiteront pas à qualifier de don du ciel, mais qui est en réalité une malédiction. Ce manque est celui d’un sens : la douleur. Aussi, sans jouer sur les mots, peut-on affirmer que la vie de Constant Gallien devint alors une Via Dolorosa.