Le malicieux glossaire d’un maître d’école naquit dans la pénombre d’un dortoir. Je ne savais pas, alors, que j’écrivais un livre. J’avais sur les genoux le petit cahier qui me servait à préparer mes cours et, sans que je m’y attende, mon stylo commença à s’agacer contre ma voisine du dessus. Elle faisait un boucan de tous les diables en déménageant sa salle de classe avec l’aide de ses élèves tandis que mes petits essayaient vainement de trouver le sommeil. La phrase que j’écrivis allait m’imposer la forme et la tonalité du glossaire. Le premier mot traité tombait sous le sens. Dortoir : Lieu dans lequel de jeunes enfants doivent écouter, en silence, les bruits que font les autres classes. Dans la foulée, d’autres mots se bousculèrent pour avoir, eux aussi, leur définition. Avec le temps, ma plume mit en exergue les travers et les menues surprises de ce microcosme dans lequel de jeunes enfants et moi-même tissons nos habitudes. Ainsi teintés d’humour, les récits sans fard de mes expériences scolaires exposent le quotidien d’un homme enseignant de petite section de maternelle qui pratique avec amour son métier. On y rencontre dans ce premier tome « Bisous ; Caca dans la culotte ; Déclaration d’Accident ; En catimini ; Goûter ; Grève ou encore Moi président. » Mon but est autant de distraire que de faire pénétrer dans mon univers toutes celles et ceux qui aimeraient devenir une petite souris pour se faufiler dans ma besace, le temps d'une matinée. Et si, malgré toutes mes précautions, vous trouvez qu’il m'arrive, parfois, d’être ironique, ce n’est que pour mieux mettre en lumière les absurdités de notre société.