L'Invasion de la mer, roman qui se déroule en Tunisie, évoque un projet authentique, représentatif de l'esprit colonial français. Dans les années 1880, François Élie Roudaire projette de noyer une partie du désert du Sahara sous les eaux de la Méditerranée, en creusant un canal depuis le golfe de Gabès jusqu'aux chotts . Le projet finit par être abandonné en raison des difficultés, mais Jules Verne lui donne une suite romanesque. M. de Schaller, un ingénieur, est chargé, par une société "française de la mer Saharienne", de relancer le projet de l'irrigation du Sahara. Les autochtones, à la tête desquels se sont portés des Touaregs expatriés, lui sont farouchement opposés. Leur chef, Hadjar, vient d'être fait prisonnier et doit être jugé à Tunis mais, grâce à la complicité de sa tribu, de sa mère et de ses frères, il s'évade à temps et rejoint le désert. C'est donc sous protection que M. de Schaller, suivi de son domestique M. François, inspecte les rives de la future mer pour en vérifier la solidité et prévoir l'implantation des ports. Dans l'escorte, pour commander les spahis, se trouvent le capitaine Hardigan, le lieutenant Villette, le maréchal des logis-chef Nicol, lui-même accompagné de son cheval Va-d'l'avant et de son chien Coupe-à-Cœur.