Prague, 1941. Petr Ginz, un adolescent juif âgé de quatorze
ans, entame un journal. Celui-ci, avec ses références sobres
et concises, ponctuées de poèmes et de dessins, reflète
un insatiable appétit de connaissances et de lectures et atteste de
dons littéraires et artistiques très sûrs.
Avant tout, il capte avec une ironie et un sens aigu de l'absurde
la texture de plus en plus précaire de la vie quotidienne, la
tension palpable, la peur du «transport à l'Est». Et il décrit
comment la ville bien-aimée et familière se transforme peu à
peu en un «ghetto sans murs», un espace en apparence ouvert
mais délimité par un nombre croissant d'interdictions.
Le journal s'achève à l'été 1942, avec le départ de Petr au camp de
Terezín. Pendant deux ans, il y déploie une grande force morale,
crée et édite la revue clandestine Vedem («Nous menons»),
continue furieusement à dessiner, peindre, écrire et lire, se
préparant avec un optimisme indéfectible à un avenir meilleur
qu'il ne connaîtra jamais. Le 28 septembre 1944, il monte à
bord d'un train à destination d'Auschwitz.
Cet ouvrage est un document historique d'une valeur inestimable,
le témoignage candide et bouleversant d'une jeune vie pleine de
promesses, brutalement interrompue par la barbarie nazie.