Telle la Perséphone de la mythologie grecque, enlevée
puis retenue au royaume des Morts pour avoir mangé
sept pépins de grenade, la jolie Katy, trente ans et un coeur
d'artichaut, va vivre un véritable enfer. En lieu d'Hadès, ses
ravisseurs sont deux jeunes voyous sadiques qui évoquent
le duo tristement réel et célèbre que formèrent Richard Loeb
et Nathan Leopold dans l'Amérique des années vingt.
Alors que l'espoir de retrouver Katy s'amenuise, sa mère fait
appel aux services d'une consultante en disparitions à la
compassion revigorante, et qui s'y entend pour organiser des
recherches. Le lecteur, happé par l'ambiance anxiogène de
la quête, espère un temps, comme la famille de la disparue,
que le miracle aura lieu. Mais la description des méfaits perpétrés
par les deux jeunes voyous, qui sèment la désolation
sur leur passage, donne au roman une dimension noire qui
en dit long sur la cruauté humaine.
L'auteur explore l'anatomie d'un crime horrible du point
de vue de la victime et de ses proches, des coupables et
de celle qui a pour mission de chercher jusqu'au bout, quel
que soit le résultat, et restitue leurs voix avec une empathie
peu ordinaire.
Sept pépins de grenade oscille entre l'efficacité brutale,
l'émotion insoutenable et la grâce salvatrice.