Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012, est connu en Occident
depuis le début des années 1990. Une vingtaine de ses
oeuvres sont aujourd'hui disponibles en français. Au-delà de
son succès institutionnel et médiatique, le royaume littéraire de Mo Yan,
son pays natal de Gaomi, constitue un moyen privilégié d'interroger les
dynamiques de la mémoire et du présent. La superposition de différentes
strates temporelles, mythiques, légendaires et historiques, transfigurées
par une narration carnavalesque, révèle l'ambivalence d'un territoire à
la fois réel et imaginaire, ouvert sur l'universel.
C'est de cette ouverture qu'un colloque réunissant traducteurs et
chercheurs venus de Chine, des États-Unis, d'Italie, des Pays-bas, de
Suède... s'est proposé de débattre. Comment traduire dans d'autres
langues la richesse verbale de Mo Yan qui manie sans cesse l'ironie ou
l'allusion et qui ne se prive jamais d'utiliser le dialecte du Shandong ?
Quelle est son originalité intrinsèque au sein de l'univers littéraire chinois
- encore peu familier hors de ses frontières nationales ? Quelle place
cet écrivain enraciné dans la culture locale occupe-t-il à présent dans
la littérature mondiale aux côtés des Faulkner, García Márquez ou Oe ?