Picasso grandit en Espagne, dans une société marquée par
des traditions populaires inculquées très tôt aux enfants.
Il utilise ensuite les référents de cette culture traditionnelle
dans la construction de son oeuvre, bien souvent
en les détournant. C'est le cas par exemple lorsqu'il peint
des ex-voto, destinés à invoquer les saints ou à servir
d'exutoire. Picasso s'approprie les codes et les savoir-faire
artisanaux en partant des modèles traditionnels qu'il
emploie afin de servir ses préoccupations plastiques. Tout
au long de son parcours d'artiste, il n'a de cesse de revenir
sur les bases acquises pendant sa jeunesse en Espagne et
les revisite à travers un grand nombre de thématiques,
parmi lesquelles figurent le cirque, la tauromachie ou les
instruments de musique, et par le biais de nombreuses
techniques : céramique, orfèvrerie, linogravure ou travail
du métal par exemple.
Cet ouvrage propose une lecture inédite de l'oeuvre de
Picasso en l'inscrivant dans une perspective plus large
que celle strictement artistique. Des objets-références
issus des collections du musée national des Arts et
Traditions populaires transférées au Mucem constituent
des éléments de comparaison pour les oeuvres de Picasso
ayant trait à ces thèmes et techniques propres à l'artisanat
et aux traditions populaires. Deux entretiens inédits, avec
Claude Picasso et Lionel Prejger, viennent compléter les
récits des collaborations de Picasso avec les meilleurs
artisans de son époque. Ils révèlent encore le génie de
l'artiste, qui a su magnifier l'artisanat pour gommer, dans
son oeuvre, la frontière qui le sépare des beaux-arts.