Ligne de risque a été fondée en janvier 1997.
Depuis cette date, la revue pose la question du nihil qui détermine le
nihilisme. D'un geste constant depuis Platon, la métaphysique occidentale
évacue le rien. Selon la logique, une pensée tournée vers le néant agirait à
l'encontre d'elle-même. Elle ferait exploser les principes d'identité et de
non-contradiction.
Comment, dès lors, penser le néant ? Le travail de Ligne de risque,
durant huit ans, n'a pas eu d'autre objet.
Cette longue et endurante méditation implique de convoquer simultanément
plusieurs systèmes de références. Mais ce qui s'entreprend ici est
plus proche du ravissement d'un non-savoir que du discours universitaire.
Le but : rendre possible ce nouveau commencement en le laissant émettre
des signes depuis toutes les traditions.
C'est pourquoi nous interrogeons plusieurs spécialistes sur la pensée
grecque, la pensée chinoise, le Veda ou l'oeuvre de Martin Heidegger. Nous
faisons le pari qu'il est enfin possible de lire ensemble les textes les plus
différents, de passer d'un poème orphique à un écrit taoïste, d'une méditation
védique à des éclaircissements sur Rilke, Hofmannsthal, Blanchot ou
Jean Genet, sans qu'il s'agisse d'un quelconque syncrétisme.