André Barsacq (1909-1973) est un des grands noms de
l'histoire du théâtre. D'abord décorateur, il travaille au
théâtre avec Dullin et Copeau, au cinéma avec Grémillon
et, à l'Opéra, avec Ida Rubinstein. À trente ans, il se lance
dans la mise en scène. Dullin lui confie alors la direction
du Théâtre de l'Atelier. Infatigable découvreur de talents,
Barsacq révèle au public des auteurs et des comédiens souvent
inconnus dont les noms deviendront célèbres.
On se souvient particulièrement de ses créations des
pièces de Jean Anouilh, Marcel Aymé, Félicien Marceau,
René de Obaldia, Françoise Sagan, Jean-Claude Carrière...
Il monte également des grands auteurs du répertoire russe :
Tchekhov, Tourgueniev, Gogol... Place Dancourt nous fait
entrer dans les coulisses de l'Atelier aux jours heureux et
aux jours sombres car il y eut bien des «petits fours» et les
caisses étaient souvent vides.
C'est aussi une chronique familiale fertile en événements.
En particulier sous l'Occupation. Mila Barsacq, la
femme d'André, craint pour sa vie. Jean Anouilh la cache,
puis cherche pour elle un refuge dans le Béarn. Il faut établir
des faux papiers, mystifier les autorités d'occupation...
À la libération de Paris, Antigone d'Anouilh montée par
Barsacq engendre une polémique enfiévrée. Le public n'en
a cure et fait à la pièce un accueil enthousiaste.
Jean-Louis Barsacq, fils aîné d'André et Mila, étaie Place
Dancourt de correspondances souvent inédites, et nous fait
revivre une période légendaire et passionnante.