Lors de chaque changement d'exécutif politique, les médias se font
l'écho d'un rituel bien établi : celui du fonctionnement des déchiqueteuses
ou de la noria de camions de dossiers à la porte des ministères
ou des exécutifs locaux. Un phénomène paradoxal dans une société qui
revendique par ailleurs le devoir de transparence démocratique. Dans la
conception qu'ils ont de leurs archives, les hommes politiques ne confondent-ils
pas - volontairement ou involontairement - ce qui, relevant
de leur fonction au service de la collectivité, devrait être «restitué» à
la société et ce qui, ressortissant à la sphère privée, pourrait rester à leur
entière disposition ?
Quel statut pour ces archives ? La collecte en est-elle efficace ? La communication
et la valorisation répondent-elles aux nécessités de l'écriture
de l'Histoire ?
Pour tenter d'apporter des réponses à ces questions, l'Association des
archivistes français a réuni, lors d'un colloque international qui s'est
tenu les 20 et 21 octobre 2006 à Paris, archivistes, historiens et bien sûr
hommes politiques autour d'une question essentielle car inséparable de la
démocratie et de la responsabilité dans nos sociétés : la préservation de ces
archives et l'importance de leur traitement professionnalisé.
Rassemblant outils pratiques, témoignages et réflexions croisées,
l'ouvrage fait état de la situation actuelle de ces archives (réglementation
française, collecte, lieux de conservation, valorisation) et en dresse les
principaux enjeux pour l'avenir. Le lecteur pourra alors juger de l'intérêt
majeur que représentent ces fonds pour notre démocratie.