Je ne me lasse pas de guetter la surprise, la note juste, cocasse ou émouvante. La beauté est
partout. L'étrange aussi, venu à ma rencontre à Shanghai avec ce petit sac oublié dans le jardin
du mandarin Yu. On dirait un lapin égaré.
M.R.
Je photographie comme le musicien
chantonne. Regarder est une respiration
et, quand le hasard est avec moi
et qu'une bonne photo m'est donnée,
le bonheur n'est pas loin...
M.R.
Depuis 50 ans Marc Riboud regarde
le monde. Passion de voir, sympathie
pour les êtres, désir de comprendre.
Dans l'Orient qu'il aime comme dans
l'Occident où il habite, au coeur des
mégalopoles de Chine comme dans
les villages de Touraine, il cherche
la beauté des visages et l'harmonie
des paysages, les images de l'Histoire
en marche comme celles de la vie
quotidienne. Et toujours, le souci
de la bonne image et du bon moment
depuis le peintre de la tour Eiffel
en 1953, jusqu'au regard mystérieux
de Shanghai en 2003.
Cet homme qui a toujours regardé
en avant se retourne aujourd'hui
pour une grande plongée dans
sa moisson d'un demi-siècle. Lent
travail d'élagage. Itinéraire d'un oeil
qui évolue. Choix qui révèle au fil
des pages les terres d'élection souvent
revisitées d'un amoureux de la vie,
de la tendresse, de la beauté et
toujours, du plaisir de l'oeil.