En une dizaine d'années frénétiques qui passent comme un
songe - un songe aussi éveillé qu'électrique -, Andy Warhol
mène à New York et dans le monde une singulière guerre des
images qui bouleverse les us et coutumes de l'art héroïque comme
ceux des mass-médias. Les peintures, les films, les photographies, les
textes, les dessins qu'il produit par centaines sont ses armes - des
armes d'autant plus efficaces qu'elles semblent d'abord inoffensives.
Mais, toujours spectaculaires, parfois à contretemps, les explosions
se succèdent. La ligne de front qui se dessine depuis la Factory,
son quartier général, offre un curieux profil : elle passe par le positif
comme par le négatif, par l'intérieur ou l'extérieur, le dehors et le
dedans, le haut et le bas, l'underground et le grand monde. Popisme,
traduit pour la première fois en français, est la chronique turbulente et
lumineuse, cocasse et sérieuse, de cette guerre conduite à la vitesse
de la pensée la plus féconde qui permet à Warhol, seul au milieu de la
foule, de triompher de tous les malentendus sans les dissiper.